Sahel : offensives jihadistes simultanées au Mali, Burkina et Niger

0
30

Dernère mise à jour -

Entre le 30 juin et le 6 juillet 2026, des attaques coordonnées ont visé des positions militaires au Niger, au Mali et au Burkina Faso. Les groupes armés revendiquent des dizaines de morts dans les rangs des armées. Les juntes de l’Alliance des États du Sahel, elles, ne publient aucun bilan.

Burkina Faso : un camp pillé, un silence officiel
Samedi 4 juillet, vers 5 heures, des combattants du JNIM, affilié à Al-Qaïda, ont pris d’assaut le camp militaire de Di, dans le Sourou. Des localités du nord, du nord-ouest et du sud-ouest ont été frappées, des camps pillés, des armes emportées. Combien de morts ? Une cinquantaine de soldats et de Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) selon RFI ; « au moins quatorze soldats et sept VDP » selon des sources sécuritaires citées par l’AFP. Le régime du capitaine Ibrahim Traoré, arrivé au pouvoir par un coup d’État en 2022, ne communique plus le nombre de ses soldats tués depuis des années. Il diffuse en revanche les bilans de ses ripostes, invérifiables.

Mali : le pari russe n’a rien enrayé
Le 4 juillet, le JNIM et le Front de libération de l’Azawad (FLA) ont relancé leur offensive contre l’armée malienne et ses alliés russes de l’Africa Corps, ex-groupe Wagner. Gao, Anéfis, Aguelhok, Sévaré et la prison de Kéniéroba, aux portes de Bamako, ont été visés. Les deux mouvements tenaient déjà Kidal depuis avril. Les colonels maliens avaient justifié leurs putschs de 2020 et 2021 par la restauration de la sécurité et de l’intégrité territoriale. Six ans plus tard, la capitale historique du Nord leur échappe.

Niger : ce que personne ne peut vérifier
Le 30 juin, à l’aube, un groupe armé a attaqué les positions des Forces de défense et de sécurité à Torodi, à une soixantaine de kilomètres de Niamey. C’est à peu près tout ce qui est établi. Le Centre intégré de coordination des opérations, organe de communication de l’armée, affirme avoir repoussé l’assaut, neutralisé des assaillants et maintenu une « situation sécuritaire globalement sous contrôle ». Il ne mentionne aucune perte nigérienne. Aucun bilan officiel consolidé n’a été publié depuis. Des relevés tenus par des activistes nigériens font au contraire état de pertes lourdes dans les rangs des forces armées, sans confirmation indépendante possible. Entre un communiqué qui ne compte que ses victoires et des décomptes que nul ne peut recouper, les familles n’ont accès à aucun chiffre fiable.

Moins de comptes à rendre
Le 24 juin, Bamako et Ouagadougou ont notifié leur retrait de la Cour pénale internationale, un jour après Niamey. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme fermera son bureau burkinabè d’ici au 30 novembre. Les instances chargées de documenter les violences quittent le terrain au moment où celles-ci s’intensifient.
Quand les armées ne comptent plus leurs morts, que reste-t-il de la promesse sécuritaire qui a justifié les coups d’État ?

F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici