Sahel: Moscou promet son soutien, l’AES perd du terrain

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Dernère mise à jour -

Sergueï Lavrov a participé le 8 juillet 2026 à Niamey à la deuxième session de consultations entre la Russie et l’Alliance des États du Sahel (AES). Moscou y a promis de renforcer les capacités des armées malienne, burkinabè et nigérienne. Une promesse formulée trois mois après la chute de Kidal, alors que Bamako subit un blocus jihadiste depuis septembre 2025.

Une promesse répétée, des résultats introuvables
Le chef de la diplomatie russe a assuré à Niamey que Moscou poursuivrait son appui au renforcement des capacités opérationnelles des forces armées de l’AES. Le même engagement figurait déjà dans le communiqué de la première session, tenue à Moscou en avril 2025. Depuis, le bilan sécuritaire des trois pays s’est dégradé montrant l’inefficacité des juntes et de leurs alliés.
Le 25 avril 2026, le JNIM et le Front de libération de l’Azawad (FLA) ont lancé des attaques coordonnées contre Bamako, Kati, Mopti, Sévaré, Gao et Kidal. Le 4 juillet dernier, une deuxième vague d’attaques d’ampleur a encore touché plusieurs localités du pays. Un nouveau revers pour les FAMa et l’Africa Corps, qui peinent à garder le contrôle d’Anéfis. Le ministre malien de la Défense, Sadio Camara, architecte du rapprochement avec Moscou, a été tué à Kati. Kidal est tombée. Les forces maliennes et leurs alliés russes assiégés à Tessalit se sont rendus le 1er mai.

Le blocus de Bamako, échec stratégique de l’AES
Depuis septembre 2025, le JNIM bloque les axes reliant Bamako aux ports de Dakar, d’Abidjan et de Conakry. Fin janvier 2026, le groupe a sommairement exécuté dix chauffeurs de camions-citernes et deux apprentis. En mars, le gazole entrant dans la capitale était réservé en priorité aux centrales thermiques d’Énergie du Mali, plusieurs quartiers n’étant alimentés que quelques heures par jour.
Les convois qui parviennent à Bamako se font escortés par l’armée et par les paramilitaires russes de l’Africa Corps. Un dispositif qui a déjà coûté près d’un milliard de dollars à la junte malienne, pour des résultats limités. Fin janvier 2026, puis mi-juin 2026, c’est l’aéroport de Niamey qui était attaqué.

Souveraineté proclamée, dépendance réelle
Les juntes ont fait de la rupture avec les partenaires occidentaux un argument politique et idéologique. Trois ans plus tard, elles ont troqué une dépendance contre une autre, sans reprendre le contrôle des routes. Pour la Côte d’Ivoire, dont le corridor alimente Bamako et dont la frontière nord jouxte le Burkina, l’addition n’est plus seulement sahélienne.
Combien de communiqués faudra-t-il encore avant que les populations sahéliennes voient la différence sur le terrain ?

F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info